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“DILILI à Paris”, un manifeste féministe

Je ne sais pas vous, mais moi j’adore les films d’animations, les Disney évidemment, mais plus encore les films d’auteurs français ou japonais éloignés de l’hégémonie des films Disney et pour cause se sont souvent des films qui sortent des sentiers battus et offre un message tout en nuance et subtilité.

Je nourris ma petite fille intérieure de ces longs métrages d’animations dès que possible et je suis tellement heureuse de partager ces moments avec ma propre petite fille. Parfois, je verse ma petite larme, et Chiara me regarde du coin de l’oeil mi-amusée, mi-désolée, mais elle ne pleure jamais. Elle n’a visiblement pas hérité de ma sensibilité exacerbée.

Donc hier, quand on a décidé d’aller au ciné pour visionner un de ces films enchanteurs qui font rêver, c’est tout naturellement que le choix de “DILILI à Paris” s’est imposé. Je ne vous cache pas que j’ai orienté le choix de ma fille -après tout les parents sont là pour ça non?-.

La semaine dernière elle m’avais parlé de “Yeti et Cie” et je n’étais pas très emballée. Je n’avais aucune idée des films à l’affiche ces temps ci, mais si elle voulait aller voir “Yeti et Cie”, alors on irait.

Je décide quand même de regarder les films à l’affiche, quand je tombe sur “Dilili à Paris”, je n’avais aucune idée du synopsis, mais le titre me parlait. Il est 10H35, la seule séance de la journée est à 11H15, on est à 20 min en voiture du centre de ville de Nantes….pouah! on est large. On file!

A l’issue des 10 premières minutes du film, Chiara, les yeux écarquillée s’exclame “Maman j’adore”!, moi aussi je suis déjà conquise. On est plongé dans un décor parisien magnifique! Elle rajoute, “elle me fait penser à Kirikou”. Elle ne s’y trompe pas, le père de Dilili est aussi celui de Kirikou.

L’histoire:

“”Dilili à Paris” se déroule à la toute fin du XIXème siècle. Dilili est une petite métisse Kanak venue de Nouvelle-Calédonie, recueillie par une comtesse qui l’a élevée comme sa propre fille. Après avoir participé à Paris à une exposition figurant un village indigène reconstitué, comme il en existait tant à cette époque du colonialisme où l’on considérait que les « non-blancs » étaient des races inférieures et où l’on adorait les exhiber telles des créatures exotiques, la demoiselle se met à en tête d’explorer les hauts-lieux et curiosités de la ville.

Sa rencontre avec Orel, un tout jeune conducteur de triporteur, qui connait les rues et artères de Paris par cœur, va lui en donner l’occasion. Mais le danger rôde puisqu’au même moment se produit toute une série de disparitions de petites filles, visiblement kidnappéesLes investigations de Dilili et d’Orel, qui bénéficieront de l’aide de trois grandes dames, la scientifique Marie Curie, la légende du théâtre Sarah Bernhardt et surtout la cantatrice Emma Calvé, vont les amener à plonger dans les entrailles d’une terrifiante société secrète, les Mâles-maîtres, qui asservit les femmes et les réduit à l’état d’objets…”

Le réalisateur

Michel OCELOT, Celui qui est définitivement surnommé « le papa de Kirikou » a choisi de ne pas dessiner Paris, car son crayon ne pouvait la faire plus belle qu’au naturel. Alors, il l’a photographié pendant 2 ans et a, ensuite, retravaillé ses photos, effaçant au passage toutes traces de modernité, pour remonter le temps. Le résultat est époustouflant, Paris est sublimé, Paris scintille. 

j’ai eu une folle envie de faire une incursion dans le film et de danser dans les rues pavées, ou de déambuler à l’opéra de Paris.

“Je ne comprends pas pourquoi on piétine les femmes. C’est une malédiction très profonde, défendue par les religions. Toutes les religions disent que la femme est inférieure à l’homme. La vraie guerre aujourd’hui, c’est ce que les hommes font aux femmes.” Michel OCELOT

Pour quel public?

Je pense que ce film n’est pas approprié en dessous de 8 ans.  Les mâles maitres peuvent être angoissants pour les plus petits. Il vise un large public, tout le monde peut aller voir ce film d’animation.

Mon avis

Ce que j’ai le moins aimé:

Certaines scènes manquent de naturel. A l’instar du phrasé de Kirikou, Dilili  a une articulation très appuyée qui alourdie les dialogues. C’est un peu agaçant.

Ce que j’ai aimé:

Un film qui offre un message  féministe et engagé. L’émancipation féminine est au coeur de ce long métrage d’animation. L’ histoire de ces males-maitres qui enlèvent femmes et petites filles pour leur faire des choses horribles pour les mettre dans une posture de soumission évoque l’oppression que peut connaitre des femmes dans quelques pays ou même en France dans un quotidien ou certaines femmes sont maltraitées par des hommes. Michel Ocelot confie “L’origine [du film], c’est tous ces salauds qui font du mal aux femmes et aux filles”. 

Tant de personnalités à reconnaître qui défilent tout au long du film en fait un véritable bouillon de culture. Dilili fait des rencontres passionnantes, de Claude Debussy à Claude Monet, en passant par Marie Curie, Louise Michel, Toulouse-Lautrec, Auguste Rodin, Auguste Renoir, Sarah Bernhardt, Louis Pasteur, le prince de Galles et futur Edouard VII,ou encore d’autres personnalités moins connues aujourd’hui comme la Goulue, danseuse de cancan ou le clown Chocolat.On plonge littéralement dans le Paris qui foisonnent de talents. Il faudra sans nul doute saisir l’occasion pour se muer en professeur ces prochaines semaines et conter les exploits artistiques ou médicales (Marie Curie – Pasteur) de ces personnalités de la Belle époque!

C’est un film que je recommande vivement!

C’est l’occasion de voir du BEAU, un Paris à couper le souffle, et d’aller à la rencontre de brillants esprit qui cohabitaient à Paris à la même époque.

“Les “mâles-maîtres”, ce sont tous les hommes qui font souffrir des femmes et des filles et qui oublient d’être heureux avec elles. “Michel Ocelot, réalisateur

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